Richard-Viktor SAINSILY CAYOL, « L’Homme libre »


L’Homme libre – Richard-Viktor SAINSILY CAYOL – Village Bouillante

Ecrit dans un article FB par l’Artiste Richard-Viktor SAINSILY CAYOL

 « L’Homme libre », le « Mawon » occulté, l’autre nous-même, issu des champs les plus rudes de la servitude.
par Richard-Viktor Sainsily Cayol, jeudi 31 mai 2012, 03:20 ·
Non, je n’ai pas voulu qu’il soit « beau », propre, raffiné, à l’image des clichés reçu de ceux qui n’assument pas ce qu’il fut lui.
Il n’était pas un sang mêlé, il n’avait pas « le bon teint » , il ne parlait pas encore le français, il ne savait pas lire, il dormait sur le sol, ou les planches, il mangeait dans des feuilles séchées, il ne se lavait pas avec le savon parfumé. Dès sa capture en Afrique, il a connu les flots, le fer, le fouet, le feu, puis la fuite. Rattrapé par le lâché des chiens, son corps gardera à jamais les traces de son audace.

Comment vouloir ressembler à ces clichés de l’esclave au corps canonique de la statuaire Antique Gréco-romaine, comme nous l’ont servi bon nombres de films sur l’esclavage? Comment vouloir ressembler à une star au teint poudré, à la peau lisse et au trait du nègre raffiné lorsqu’on a vécu dans les pires conditions qu’aucun animal sur terre n’a connu ? Lorsqu’on a dû se déchiqueter la peau dans les ronces, acacias et bois campêche, lorsqu’on s’est brisé les os en glissant sur les « roches galettes » des rivières, on ne peux prétendre ressembler à « Monsieur Univers ».

L’homme libre, c’est ce » Mawon » là. Son corps, son visage, et son cœur, contiennent toutes les traces de l’ampleur des souffrances infligées par le système.
Nous devons l’accepter aussi sans honte.
C’est bien lui, et c’est bien nous aussi. C’est parce qu’on nous a appris à l’ effacer que j’ai voulu le réhabiliter. Car si aujourd’hui nous sommes libre, c’est avant tout grâce aux sacrifices de ceux dont le corps tout entier a subi les sévices de cet odieux système. Ils étaient des « Nèg Bosal, Nèg Mondong, Nèg Giné, Nèg Kongo,…… Nèg tou kout.

Sonny Rupaire écrivait dans un poême : « ……Dènyé-katégori-moun, moun dènyé dèyè, Nèg-mové-nasyon, nèg-razyé, … sé nou. »
Nèg a a pòyò, fouyapen, anbabon, nèg a mori, nèg a gèl-a-kochon-salé, … sé nou. »

Richard-Viktor SAINSILY CAYOL (cliquez sur le nom pour le profil FB et aimez, ou ici pour le site officiel
Mai 2012

 

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